Adeline Gadomski

Responsable du magasin Payot.

«Ce qui nous relie tous, c’est l’amour de la lecture».

Quand Adeline Gadomski sourit, le soleil pointe le bout de son nez. Et elle sourit souvent lorsqu’elle peut s’adonner à son passe-temps favori, la lecture – ce qu’elle fait presque tous les jours. Âgée de 43 ans, elle est depuis plus de vingt ans une libraire experte et gère la librairie Payot à la gare de Genève-Cornavin depuis environ cinq ans. Nous avons rencontré cette passionnée de lecture et discuté de ses livres préférés, des lectures de printemps et du quotidien d’un travail à la gare.

Madame Gadomski, on vous le demande sûrement très souvent, mais quel est votre livre préféré?

J’adore «La vierge froide et autres racontars» de Jorn Riel. C’est l’essence même de ce que j’attends d’un bon roman: il nous emmène loin de notre quotidien – grâce à un dépaysement total, cap vers l’Arctique – à la découverte de personnages et de lieux qu’on n’oserait pas même imaginer. Jorn Riel use avec finesse d’une pointe d’humour burlesque pour se moquer avec tendresse des situations décrites, d’une extrême rudesse (à l’image du climat du Groenland), mais aussi des vies monotones de ces habitants prisonniers de terres gelées.  

Existe-t-il aussi un livre qui suscite chez vous des émotions printanières?

Absolument. «Le Baron perché» d’Italo Calvino serait là un bon exemple. Cette fable philosophique est un des romans les plus étonnants de l’histoire de la littérature. Il nous raconte comment Côme, Baron du Rondeau, monte à 12 ans dans les arbres et décide de ne plus jamais en descendre. De nombreuses descriptions de la nature, vue depuis le haut des arbres, le rapport de l’homme à la nature m’ont inspiré cette réponse.

Quels sont les trois livres que nous devrions lire ce printemps?

C’est une bonne question. Je crois que j’opterais pour «Le soleil était éteint» de Matylda Hagmajer, «Le naufrage des civilisations» d’Amin Maalouf et «Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla» de Jean-Christophe Rufin. 

Poursuivons avec les bonnes questions: si le printemps était un livre, ce serait…

Un bourgeon. C’est-à-dire un petit miracle: parfois fragile dans ses premiers jours et qui, grâce à la sève qui l’alimente, prend des forces pour se transformer en une feuille robuste qui traverse les saisons ou en une fleur délicate dont on prend soin tous les jours.

Parlons brièvement de votre lieu de travail, la gare de Genève-Cornavin. Qu’est-ce qui fait la substance de ce lieu selon vous? Pourquoi aimez-vous travailler ici?

Ce lieu est à la croisée des chemins où convergent des personnes de toutes nationalités, des clients du quartier des Grottes et plus généralement de toute la Rive droite de Genève, mais aussi des touristes en quête d’un bon livre à dévorer pendant leur trajet en train ou en avion, des pendulaires qui habitent ou travaillent à Genève. Chacun avec des attentes différentes, parfois pressés, souvent ravis et surpris du choix que nous proposons à Cornavin. Leur seule constante: l’amour des livres, que nous prenons plaisir à partager avec eux.

Quel est votre endroit préféré dans la gare de Genève-Cornavin?

De toute évidence notre espace de lecture, qui offre à nos clients un lieu de respiration nécessaire et leur permet de feuilleter un livre avant de l’acheter.

Et pour finir: quel est votre conseil de lecture personnel que vous recommandez à chacun?

 «La part de l’autre» d’Eric-Emmanuel Schmitt, un roman qui donne à réfléchir sur les conséquences des moments-clés de l’Histoire et qui montre qu’en un rien de temps, tout peut basculer – comme dans la vie réelle.

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